En 2025, certaines institutions imposent encore la transmission unidirectionnelle des savoirs, malgré la montée des pédagogies actives. Cette persistance soulève des interrogations sur l’efficacité réelle d’un dispositif souvent jugé dépassé, mais encore privilégié dans de nombreux cursus.
Dans le paysage de la formation, il subsiste des organismes qui s’accrochent à un mode d’apprentissage centré sur le savoir du formateur. Cette résistance, loin d’être une simple habitude, imprime une marque durable sur les parcours professionnels et redessine la façon d’apprendre.
La méthode expositive en formation : de quoi parle-t-on vraiment en 2025 ?
La méthode expositive, également connue sous les appellations méthode expositive transmissive ou cours magistral, continue en 2025 de jouer un rôle à part dans la formation professionnelle. Alors que la palette des méthodes pédagogiques s’est élargie, cette approche reste caractérisée par une transmission structurée, orchestrée par le formateur-expert. Sa définition ne bouge pas d’un iota : présenter des concepts complexes ou des informations de façon organisée, sans solliciter l’interaction immédiate des apprenants.
Certains organismes, soucieux de transmettre un socle de connaissances clair pour tous, font le choix délibéré de ce dispositif. Philippe Meirieu, figure de proue en sciences de l’éducation, souligne que la méthode expositive s’adresse d’abord à la découverte de nouvelles connaissances dans un groupe, surtout quand les notions abordées sont inédites. Le formateur mobilise alors différents outils pédagogiques : diaporamas, schémas, supports écrits, tout est bon pour structurer le discours et retenir l’attention.
Voici les situations où cette approche trouve tout son sens :
- Présentation magistrale de contenus techniques ou réglementaires
- Introduction à des concepts théoriques en début de parcours
- Structuration d’un savoir commun en contexte hétérogène
En 2025, la méthode expositive ne se limite plus à l’exposé oral traditionnel. Elle se glisse dans des formats hybrides, mariant vidéos, supports interactifs ou capsules numériques. Les apprenants accèdent ainsi à des repères solides pour appréhender de nouveaux savoirs, une étape souvent nécessaire avant de s’ouvrir à des démarches plus actives.
Quels bénéfices et limites pour les apprenants et les formateurs ?
La méthode expositive affiche une réelle efficacité dès qu’il s’agit de transmettre rapidement un volume de connaissances à un groupe. Sa structure permet au formateur de dérouler un discours parfaitement construit, garantissant une progression logique et une compréhension facilitée des points complexes. Cette méthode s’impose lorsque l’introduction de notions nouvelles ou la précision sont de mise, notamment en formation professionnelle autour des cadres réglementaires.
Cependant, le dispositif ne va pas sans contraintes. Pour les apprenants, la verticalité du schéma limite l’engagement et l’apprentissage devient passif. Peu d’espace pour la discussion, l’exploration ou l’échange. Les profils moins sensibles à une réception purement descendante risquent de décrocher. L’apprentissage passif conduit souvent à une mémorisation temporaire, avec un transfert vers la pratique loin d’être systématique.
Du côté du formateur, cette méthode requiert une préparation minutieuse et la capacité de capter l’attention sans interaction soutenue. Clarté des explications, gestion du temps, rythme adapté : autant de défis à relever. On observe de plus en plus des dispositifs hybrides, où l’exposé s’interrompt pour laisser place à des échanges brefs ou à des supports variés, histoire de briser la monotonie et de relancer l’attention.
Des exemples concrets d’application dans des contextes variés
La méthode expositive irrigue de nombreux dispositifs de formation professionnelle. Dans les centres de formation, elle structure encore la majorité des sessions en présentiel. Le cours magistral domine lors de la diffusion de cadres juridiques, de procédures ou de référentiels, là où la précision ne souffre pas d’écart. Les organismes de formation l’associent volontiers à des outils comme la présentation PowerPoint, des vidéos pédagogiques, ou encore des supports à télécharger.
Le secteur du e-learning s’est, lui aussi, approprié la logique expositive. Les vidéos explicatives, les modules interactifs qui alternent contenus structurés et quiz interactifs, prolongent cette dynamique. L’apprenant avance à son rythme mais suit, malgré tout, une progression pensée pour l’acquisition de nouvelles connaissances.
Dans les universités et écoles supérieures, la méthode expositive structure les premiers cycles. Les enseignants l’utilisent pour poser les bases de notions complexes ou pour présenter de larges pans disciplinaires. Les outils pédagogiques numériques, enrichis de schémas interactifs ou de capsules vidéos, modernisent la formule sans en changer la philosophie : transmettre.
Certains organismes, notamment ceux qui interviennent sur la formation réglementaire, adaptent la méthode à des publics divers. Ils alternent exposés, supports à disposition et séquences de validation des acquis. La méthode expositive s’inscrit alors dans une approche plus large, combinée à d’autres démarches pour répondre aux exigences renouvelées de la formation professionnelle.
Méthode expositive ou alternatives pédagogiques : comment choisir la plus adaptée ?
Le choix d’une méthode pédagogique influence profondément la dynamique d’apprentissage. Face à la méthode expositive, structurée et efficace pour transmettre des contenus précis, d’autres approches gagnent en popularité. La méthode interrogative, la méthode démonstrative ou la méthode expérientielle ouvrent la porte à d’autres dynamiques, étroitement liées au profil des apprenants et aux objectifs visés.
Matrice de choix : quelles questions poser ?
Pour guider ce choix, il convient de s’interroger sur plusieurs points clés :
- L’objectif est-il de diffuser rapidement et fidèlement un ensemble de connaissances ? La méthode expositive répond alors particulièrement bien, notamment en formation professionnelle où le temps est compté.
- Souhaite-t-on développer des compétences pratiques ou intégrer de nouveaux savoir-faire ? Les démarches inductives ou expérientielles créent alors un espace propice à l’autonomie et à l’investissement personnel.
- Le groupe est-il très hétérogène ? L’alternance entre séquences magistrales et activités participatives permet d’ajuster le rythme, tout en assurant un socle partagé.
Dans la réalité, les organismes de formation mixent de plus en plus plusieurs démarches pédagogiques. L’exposé, articulé à des phases de questionnement ou d’expérimentation, compose des parcours hybrides qui s’adaptent aux besoins variés et renforcent la consolidation des acquis.
Au final, choisir la bonne méthode pédagogique revient à décoder les contextes, à prendre la mesure des attentes institutionnelles et à composer avec les contraintes de terrain. Face à la mosaïque des pratiques, la méthode expositive continue d’occuper une place de choix, sans pour autant éclipser la nécessité d’innover et de s’adapter. Reste à trouver le dosage qui fera la différence, formation après formation.


